Le guide santé

Dysplasie du coude chez le chien :
reconnaître les signes et comprendre le diagnostic

Une boiterie d'une patte avant, une raideur après le repos ou une réticence à l'exercice peuvent révéler une dysplasie du coude. Ce terme désigne plusieurs anomalies qui peuvent être présentes seules ou associées.

Radiographie de profil d'un coude de chien normal : l'humérus, le radius et l'ulna s'emboîtent régulièrement

Coude normal de chien, vue de profil : l'humérus, le radius et l'ulna s'emboîtent sans décalage.

Comprendre la dysplasie du coude

Une boiterie d'une patte avant, une raideur après le repos ou une réticence à l'exercice peuvent révéler une dysplasie du coude. Ce terme ne désigne pas une maladie unique, mais plusieurs anomalies du développement de l'articulation, qui peuvent être présentes seules ou associées.

Qu'est-ce que la dysplasie du coude ?

Le coude est une articulation complexe, formée par trois os : l'humérus, le radius et l'ulna. Pour fonctionner normalement, leurs surfaces doivent s'emboîter correctement.

La dysplasie du coude n'est pas une maladie unique. Elle regroupe plusieurs anomalies du développement, dont :

  • la fragmentation du processus coronoïde médial, parfois associée à une fissure ou à un fragment osseux ;
  • la non-union du processus anconé, lorsque cette partie de l'ulna ne fusionne pas normalement ;
  • l'ostéochondrose ou l'ostéochondrite disséquante (que l'on rencontre aussi à l'épaule), qui touche le cartilage articulaire ;
  • une incongruence, lorsque les os ne s'ajustent pas parfaitement dans l'articulation.

Plusieurs de ces anomalies peuvent coexister. Elles peuvent provoquer douleur et inflammation, puis favoriser l'apparition d'arthrose.[1, 2]

La maladie est plus souvent rencontrée chez les chiens de taille moyenne ou grande, mais elle peut toucher d'autres chiens. Des facteurs héréditaires et des facteurs environnementaux peuvent intervenir ; la cause exacte n'est pas la même dans tous les cas.[1]

Quels signes peuvent alerter ?

Les signes apparaissent souvent chez un jeune chien, mais certains animaux ne sont diagnostiqués que plus tard, lorsque l'arthrose ou la douleur devient plus visible.

On peut notamment observer :

  • une boiterie d'une patte avant, parfois intermittente au début ;
  • une boiterie qui s'accentue après l'exercice ou ne disparaît pas complètement avec le repos ;
  • une raideur après une période de repos ;
  • une réticence à marcher longtemps ou à jouer ;
  • une gêne lorsque le coude est plié ou étendu.

Les deux coudes peuvent être touchés. Dans ce cas, la boiterie peut être moins évidente, car les deux membres sont gênés. Le chien peut surtout sembler moins endurant ou moins enclin à se déplacer.[1]

Ces signes ne permettent pas, à eux seuls, de conclure à une dysplasie du coude. D'autres problèmes peuvent provoquer une boiterie d'une patte avant : un examen vétérinaire est nécessaire pour en rechercher la cause.

Comment le diagnostic est-il établi ?

Le vétérinaire observe la démarche, examine les membres et manipule les coudes. Des radiographies sont généralement réalisées pour rechercher des anomalies osseuses ou des signes d'arthrose.

Cependant, les radiographies ne répondent pas toujours à toutes les questions, notamment lorsqu'une atteinte du processus coronoïde médial est suspectée. Selon les résultats de l'examen et les images obtenues, un scanner ou une arthroscopie peuvent être proposés pour examiner l'articulation plus précisément.[1, 3]

Le choix des examens dépend donc de chaque chien : de ses signes, de l'examen clinique et de ce que les premières images permettent de voir.

Quels traitements sont possibles ?

La prise en charge dépend de l'anomalie présente, de son importance et de l'état de l'articulation. Elle peut associer un traitement médical, une adaptation de l'activité et, dans certains cas, une chirurgie.

Une arthroscopie — une intervention réalisée à l'aide d'une petite caméra introduite dans l'articulation — peut être envisagée pour certaines lésions. D'autres situations peuvent nécessiter une autre technique, ou une prise en charge médicale. La décision se prend au cas par cas.[1]

Lorsque l'arthrose est installée, le traitement vise à limiter la douleur et à préserver le confort et la mobilité. La chirurgie peut traiter certaines lésions, mais elle ne fait pas disparaître l'arthrose déjà présente, qui peut continuer à évoluer. Le suivi est donc parfois nécessaire à long terme.[1, 2]

Quel est le pronostic ?

Le pronostic dépend de la lésion, de son évolution et du degré d'arthrose déjà présent. Un diagnostic précis aide à choisir la prise en charge la plus adaptée et à fixer des objectifs réalistes.

Même lorsque l'arthrose évolue sur les radiographies, le confort et la boiterie peuvent s'améliorer avec un traitement adapté. L'évolution reste toutefois variable d'un chien à l'autre.[1]

Quand consulter ?

Prenez rendez-vous si votre chien boite d'une patte avant, semble raide après le repos ou réduit progressivement ses promenades et ses jeux. Une boiterie qui revient ou persiste mérite un examen, même si elle s'améliore certains jours.

À retenir

La dysplasie du coude regroupe plusieurs anomalies qui peuvent se ressembler et parfois coexister. L'examen orthopédique et l'imagerie permettent au vétérinaire de préciser la lésion et de discuter des options de prise en charge.

La prise en charge chez Colvet

Pour une boiterie ou une suspicion de dysplasie du coude, votre vétérinaire traitant pourra examiner votre chien et vous orienter vers un bilan orthopédique si nécessaire. Colvet reçoit également des chiens adressés pour des examens et avis en orthopédie vétérinaire, à Luxembourg.

Sources scientifiques

Cet article s'appuie sur les publications vétérinaires suivantes :

  1. American College of Veterinary Surgeons (ACVS). Canine Elbow Dysplasia. Anomalies en cause, signes cliniques, diagnostic, traitements et pronostic. acvs.org/small-animal/canine-elbow-dysplasia
  2. Elbow Dysplasia in Dogs. MSD Veterinary Manual, chapitre « Arthropathies and Related Disorders in Small Animals ». msdvetmanual.com
  3. Villamonte-Chevalier A, van Bree H, Broeckx BJG, Dingemanse W, Soler M, Van Ryssen B, Gielen I. Assessment of medial coronoid disease in 180 canine lame elbow joints: a sensitivity and specificity comparison of radiographic, computed tomographic and arthroscopic findings. BMC Veterinary Research. 2015;11:243. doi.org/10.1186/s12917-015-0556-9

Article d'information générale. Il ne remplace pas une consultation : seul un examen vétérinaire permet d'établir un diagnostic et de proposer le traitement adapté à votre animal.