Le guide santé

L'ostéochondrite disséquante
de l'épaule chez le chien

Souvent abrégée OCD, cette affection de l'articulation touche principalement les jeunes chiens. Elle peut provoquer une boiterie de l'avant-main, parfois d'abord discrète, qui mérite un examen lorsqu'elle persiste ou réapparaît.

Radiographie de profil d'une épaule de chien : la tête de l'humérus et la cavité de la scapula

Épaule de chien, vue de profil : la tête de l'humérus s'articule avec la scapula.

Comprendre l'OCD de l'épaule

L'ostéochondrite disséquante, souvent abrégée OCD, est une affection de l'articulation qui touche principalement les jeunes chiens. Elle peut provoquer une boiterie de l'avant-main, parfois d'abord discrète, mais qui mérite un examen vétérinaire lorsqu'elle persiste ou réapparaît.

Une anomalie du cartilage pendant la croissance

Au cours de la croissance, le cartilage de croissance situé à l'extrémité des os se transforme progressivement en os. Dans l'ostéochondrose, cette transformation se déroule anormalement à un endroit précis. Le cartilage s'épaissit et peut se fissurer. Lorsqu'un volet de cartilage se détache partiellement ou complètement et communique avec l'articulation, on parle d'ostéochondrite disséquante.

Ce volet peut rester attaché, se détacher et parfois devenir un fragment libre dans l'articulation. L'irritation qu'il provoque peut entraîner de la douleur, une inflammation articulaire et, à terme, de l'arthrose. Chez le chien, l'épaule est une localisation fréquente, généralement au niveau de la tête de l'humérus.[1]

Les signes à surveiller

Les signes apparaissent souvent chez le jeune chien, pendant sa croissance. On peut notamment observer :

  • une boiterie d'un membre antérieur ;
  • une boiterie plus visible après l'exercice, qui s'améliore au repos ;
  • une douleur ou une mobilité réduite de l'épaule.

La boiterie peut sembler ne toucher qu'une seule patte, même si les deux épaules sont atteintes. C'est pourquoi le vétérinaire peut recommander d'examiner et d'imager les deux côtés.

Ces signes ne permettent pas, à eux seuls, de conclure à une OCD : d'autres problèmes orthopédiques, comme la dysplasie du coude, peuvent provoquer une boiterie similaire.[1]

Quand consulter ?

Une boiterie persistante chez un jeune chien, en particulier lorsqu'elle touche une patte avant, justifie un examen vétérinaire. Prenez rendez-vous si la boiterie dure, revient après l'exercice ou réapparaît après une période d'amélioration.

Si la boiterie est intermittente, une courte vidéo de votre chien en train de marcher peut aider le vétérinaire lors de la consultation.

Comment le diagnostic est-il établi ?

Le vétérinaire commence par examiner la démarche et les articulations du chien, puis réalise un examen orthopédique. Des radiographies des épaules peuvent mettre en évidence une anomalie de la surface de la tête humérale. Selon les images et le cas, un examen complémentaire — scanner, IRM ou arthroscopie — peut être utile pour préciser la lésion.

Dans une étude comparant plusieurs techniques d'imagerie à l'arthroscopie, l'IRM et les radiographies ont toutes deux permis de détecter de nombreuses lésions de l'épaule. Le choix de l'examen dépend toutefois du chien, des images déjà obtenues et de la question clinique à résoudre.[2]

La prise en charge dépend de la lésion

La conduite à tenir dépend notamment de la taille et de la localisation de la lésion, de la gêne ressentie par le chien et de l'état de l'articulation. Dans certains cas, le vétérinaire peut envisager une prise en charge médicale et une adaptation de l'activité. Si la boiterie persiste ou récidive, une intervention chirurgicale peut être proposée.

L'intervention consiste à retirer le volet de cartilage malade et à traiter les bords de la lésion. Elle peut être réalisée par arthroscopie, qui permet d'examiner et de traiter l'articulation à l'aide d'une caméra et d'instruments introduits par de petites incisions, ou par une approche chirurgicale classique.[1]

Une étude portant sur 126 chiens traités par arthroscopie a rapporté une disparition complète de la boiterie sur 137 des 150 épaules opérées, dans un délai de 7 à 60 jours. Ce résultat décrit cette série de cas ; il ne permet pas de prédire avec certitude l'évolution de chaque chien.[3]

Le suivi reste important

Après le traitement, une reprise progressive de l'activité est nécessaire, selon les consignes du vétérinaire. Une arthrose peut évoluer dans l'articulation au fil du temps.

Dans une petite étude de suivi à long terme après chirurgie, les propriétaires estimaient néanmoins la mobilité de leur chien satisfaisante, malgré des signes d'évolution articulaire observés aux examens.[4]

À retenir

L'OCD de l'épaule est une anomalie du cartilage qui survient pendant la croissance. Un diagnostic précis permet de choisir une prise en charge adaptée et d'expliquer au propriétaire les bénéfices attendus comme les limites du traitement.

La prise en charge chez Colvet

Pour une boiterie ou une suspicion d'OCD de l'épaule, votre vétérinaire traitant pourra examiner votre chien et vous orienter vers un bilan orthopédique si nécessaire. Colvet reçoit également des chiens adressés pour des examens et avis en orthopédie vétérinaire, à Luxembourg.

Sources scientifiques

Cet article s'appuie sur les publications vétérinaires suivantes :

  1. American College of Veterinary Surgeons (ACVS). Osteochondrosis of the Shoulder. Mécanisme, signes cliniques, diagnostic et traitement. acvs.org/small-animal/osteochondrosis-of-the-shoulder
  2. Wall CR, Cook CR, Cook JL. Diagnostic sensitivity of radiography, ultrasonography, and magnetic resonance imaging for detecting shoulder osteochondrosis/osteochondritis dissecans in dogs. Veterinary Radiology & Ultrasound. 2015. pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/24844132
  3. Olivieri M et al. Arthroscopic treatment of osteochondritis dissecans of the shoulder in 126 dogs. Veterinary and Comparative Orthopaedics and Traumatology. 2007. pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/17364099
  4. Zann GJ et al. Long-term outcome of dogs treated by surgical debridement of proximal humeral osteochondrosis. Veterinary Surgery. 2023. doi.org/10.1111/vsu.13866

Article d'information générale. Il ne remplace pas une consultation : seul un examen vétérinaire permet d'établir un diagnostic et de proposer le traitement adapté à votre animal.