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Plaques, vis et broches :
faut-il les retirer après une fracture ?

Une fracture opérée est stabilisée à l'aide d'une plaque, de vis, de broches ou d'un autre système d'ostéosynthèse. Une fois l'os consolidé, une question revient fréquemment : faut-il retirer ce matériel ?

Radiographie du radius d'un chien stabilisé par une plaque et des vis après une fracture

Le retrait des implants n'est pas automatique

Dans la majorité des situations, un implant interne bien positionné, stable et parfaitement toléré peut rester en place. Son retrait n'est pas systématique. Il peut toutefois devenir nécessaire lorsqu'il provoque une gêne, lorsqu'une infection persiste ou lorsqu'une complication mécanique apparaît.

Une plaque ou des vis peuvent-elles rester toute la vie ?

Oui. Lorsqu'une fracture a correctement consolidé et que le matériel ne provoque ni douleur, ni infection, ni irritation, il est généralement possible de le laisser en place.

Retirer systématiquement tous les implants exposerait inutilement l'animal à une nouvelle anesthésie et à une seconde intervention. L'ablation peut également être plus délicate lorsque les tissus se sont organisés autour de la plaque ou lorsque l'os a partiellement recouvert certaines vis.

La décision dépend néanmoins du type d'implant et de sa localisation. Une plaque profondément recouverte par les muscles n'a pas les mêmes conséquences qu'une broche située juste sous la peau. Certains montages sont conçus pour être retirés après consolidation, notamment les fixateurs externes. Pour les autres, la décision est prise individuellement.

Radiographie d'une patte de chien stabilisée par des broches intramédullaires après une fracture
Fracture stabilisée par broches : la position et la profondeur du matériel influencent la décision de le retirer ou non.

Dans quels cas faut-il envisager le retrait du matériel ?

Cinq situations conduisent le plus souvent à discuter d'une ablation :

  • une infection autour des implants ;
  • une irritation des tissus par une plaque ou une broche ;
  • une broche ou une vis qui se déplace ;
  • un implant déformé ou cassé ;
  • un animal encore en croissance.

Chacune de ces situations est détaillée ci-dessous.

Une infection autour des implants

Une infection peut apparaître dans les jours suivant l'intervention, mais aussi se manifester plus tardivement. La présence d'un implant peut favoriser la persistance des bactéries, notamment lorsqu'elles adhèrent à sa surface et s'organisent en biofilm.

Les signes possibles comprennent :

  • un gonflement ou une chaleur persistante autour de la zone opérée ;
  • une douleur ou une boiterie qui réapparaît ;
  • un écoulement au niveau de la cicatrice ;
  • une plaie qui se rouvre ou ne cicatrise pas ;
  • plus rarement, une fièvre ou une altération de l'état général.

Lorsque la fracture n'est pas encore consolidée, retirer immédiatement tout le matériel peut rendre l'os instable. La prise en charge doit alors concilier le contrôle de l'infection et le maintien d'une fixation suffisante. Une révision du montage peut parfois être nécessaire.

Lorsque l'os est solidement consolidé, l'ablation du matériel infecté peut permettre de traiter plus efficacement l'infection. Des prélèvements bactériologiques sont généralement réalisés pendant l'intervention afin d'identifier les bactéries présentes et d'adapter l'antibiothérapie.

Une irritation des tissus

Certaines zones anatomiques sont peu recouvertes par les muscles et la graisse. Une plaque ou l'extrémité d'une broche peut alors irriter la peau, un tendon ou les tissus environnants.

Cette irritation peut provoquer une douleur localisée, une gêne lors de certains mouvements, une boiterie persistante ou un léchage répété. Elle ne doit cependant pas être conclue sur la seule palpation d'une plaque sous la peau : chez un animal mince, sentir le matériel peut être parfaitement normal.

Un examen orthopédique et des radiographies permettent de déterminer si les implants sont réellement responsables des symptômes.

Une broche ou une vis qui se déplace

Une broche peut parfois migrer et devenir saillante sous la peau. Une vis peut également se desserrer si la consolidation est insuffisante ou si le montage subit des contraintes excessives.

Une migration, un descellement ou une modification de la position du matériel justifie un contrôle rapide. Selon la stabilité de la fracture, l'implant concerné pourra être retiré, remplacé ou associé à une nouvelle fixation.

Il ne faut jamais tenter de repousser ou de retirer soi-même une broche devenue visible.

Un implant déformé ou cassé

Une plaque qui se tord ou se rompt avant la consolidation indique généralement que le montage a subi plus de contraintes qu'il ne pouvait en supporter ou que l'os n'a pas consolidé comme prévu. Il s'agit d'une complication importante nécessitant une réévaluation radiographique rapide.

Une reprise chirurgicale est souvent nécessaire si la fracture reste instable. À l'inverse, la découverte tardive d'un petit fragment d'implant cassé ne signifie pas toujours qu'il faut tout retirer lorsque l'os est parfaitement consolidé et que l'animal ne présente aucun symptôme. Le bénéfice attendu doit être comparé aux difficultés et aux risques de l'extraction.

Un animal encore en croissance

Chez un chiot ou un chaton, la croissance osseuse doit être prise en compte dès la planification de l'intervention. Un implant proche d'un cartilage de croissance ou susceptible de limiter le développement de l'os peut nécessiter une surveillance particulière et, dans certaines situations, un retrait programmé.

Cela ne signifie pas que tous les implants doivent être retirés chez les jeunes animaux. La décision dépend de l'âge, de la localisation de la fracture, du type de montage et de la croissance restante.

Comment savoir si l'os est suffisamment consolidé ?

La décision ne doit pas reposer uniquement sur le temps écoulé depuis l'opération. Elle associe :

  • l'examen clinique et l'évaluation de l'appui ;
  • la palpation de la zone opérée ;
  • la recherche d'une douleur, d'un gonflement ou d'une mobilité anormale ;
  • des radiographies réalisées dans au moins deux directions ;
  • la comparaison avec les clichés précédents.

Les radiographies permettent d'évaluer la disparition progressive du trait de fracture, la formation ou le remodelage du cal osseux, la continuité des corticales et la stabilité des implants.

Dans certaines fractures complexes, une radiographie peut ne pas suffire à confirmer la consolidation sur toute la circonférence de l'os. Un scanner peut alors être proposé avant de décider d'une ablation.

Comment se déroule le retrait d'une plaque, de vis ou de broches ?

Le retrait est réalisé sous anesthésie générale et dans des conditions chirurgicales stériles. Le chirurgien réutilise généralement l'ancienne voie d'abord afin d'accéder au matériel tout en limitant les lésions des tissus environnants.

Selon les implants et leur ancienneté, l'intervention peut être simple ou plus technique. Une vis peut être recouverte d'os, présenter une empreinte endommagée ou être difficile à séparer de la plaque. En cas d'infection, les tissus anormaux sont retirés et des prélèvements sont effectués avant l'administration ou l'adaptation du traitement antibiotique.

Une radiographie postopératoire peut être réalisée pour vérifier que le matériel prévu a bien été retiré et contrôler l'aspect de l'os. Ces interventions sont réalisées dans notre bloc chirurgical, équipé pour l'orthopédie.

Quelle récupération après l'ablation des implants ?

Même lorsque la fracture initiale est consolidée, le retrait du matériel ne doit pas être considéré comme une intervention sans convalescence.

Pendant les premières semaines, il est généralement nécessaire de :

  • limiter les sorties du chien à des promenades courtes en laisse ;
  • éviter les courses, les jeux, les escaliers et les sauts ;
  • maintenir le chat dans un espace contrôlé ;
  • protéger la plaie du léchage ;
  • administrer les traitements prescrits ;
  • respecter le contrôle de cicatrice et les éventuels contrôles radiographiques.

La durée de cette restriction dépend de l'os concerné, de la quantité de matériel retirée et de la qualité de l'os observée pendant l'intervention.

La prise en charge chez Colvet

Chez Colvet, la décision de conserver ou de retirer un implant repose sur l'examen orthopédique, l'évolution clinique et l'interprétation des radiographies de contrôle. L'objectif n'est pas de retirer systématiquement le matériel, mais d'intervenir lorsque son maintien présente davantage d'inconvénients que son ablation.

Si l'ostéosynthèse a été réalisée dans un autre établissement, les radiographies précédentes et, lorsqu'il est disponible, le compte rendu opératoire permettent d'identifier le type d'implant et de comparer l'évolution de la consolidation.

Une plaque, des vis ou des broches ne doivent donc pas être retirées simplement parce qu'un délai déterminé s'est écoulé. Chaque décision doit être adaptée à la fracture, au montage et à l'animal.

Article d'information générale. Il ne remplace pas une consultation : seul un examen vétérinaire permet d'établir un diagnostic et de proposer le traitement adapté à votre animal.

Un doute sur une plaque, une vis ou une broche mérite un contrôle radiographique

Nous recevons également les animaux opérés dans un autre établissement, avec leurs radiographies précédentes.