Le guide santé

Fracture chez le chien ou le chat :
diagnostic, chirurgie et récupération

Une fracture peut survenir après une chute, un accident de la route, une morsure ou un choc parfois apparemment banal. Certaines fractures peuvent être immobilisées, tandis que d'autres doivent être stabilisées chirurgicalement.

Salle de radiographie du cabinet Colvet, utilisée pour le diagnostic des fractures chez le chien et le chat

Toutes les fractures ne se soignent pas de la même façon

L'animal présente généralement une douleur importante et refuse d'utiliser le membre atteint. Toutes les fractures ne nécessitent pas la même prise en charge : certaines peuvent être immobilisées, tandis que d'autres doivent être stabilisées chirurgicalement.

Que faire immédiatement après le traumatisme ?

La première mesure consiste à limiter autant que possible les mouvements de l'animal. Il est recommandé de :

  • garder l'animal au calme ;
  • éviter de manipuler ou de redresser la patte ;
  • ne pas fabriquer d'attelle improvisée ;
  • ne jamais repousser un fragment osseux sous la peau ;
  • ne donner aucun antidouleur destiné à l'être humain ;
  • contacter rapidement un vétérinaire ou un service d'urgence.

La fracture est-elle toujours la priorité ?

Après une chute importante ou un accident de la route, la fracture est souvent la lésion la plus visible. Elle n'est pourtant pas toujours la plus urgente. Un traumatisme suffisamment violent pour casser un os peut également provoquer des lésions thoraciques, abdominales ou neurologiques. Le vétérinaire commence donc par vérifier l'état général de l'animal, sa respiration, sa circulation et son niveau de douleur.

Lorsque l'état de l'animal est stable, le membre atteint peut ensuite être examiné et temporairement immobilisé. La chirurgie de la fracture peut parfois être différée de quelques jours afin de traiter en priorité une autre lésion ou de stabiliser correctement le patient avant l'anesthésie.

Comment le diagnostic est-il établi ?

Le diagnostic repose sur l'examen clinique et sur la réalisation de radiographies. L'examen permet notamment d'évaluer la localisation de la douleur, l'importance du gonflement, l'état de la peau et des tissus environnants, la circulation sanguine dans l'extrémité du membre, la sensibilité et le fonctionnement des nerfs, ainsi que la présence d'autres blessures.

Les radiographies confirment la fracture et permettent d'en préciser la configuration : quel os est atteint, le nombre de fragments, leur déplacement et une éventuelle atteinte de l'articulation ou de la zone de croissance chez un jeune animal.

Plusieurs incidences sont nécessaires pour comprendre la fracture dans différentes directions. Une sédation ou une anesthésie courte est souvent préférable : elle évite des manipulations douloureuses et permet d'obtenir des images suffisamment précises pour préparer le traitement.

Un plâtre ou une attelle suffisent-ils pour traiter une fracture ?

Contrairement à une idée répandue, la majorité des fractures ne peuvent pas être correctement stabilisées par une simple attelle. Le plâtre doit absolument être évité sous peine de causer d'autres lésions tissulaires.

Si l'animal fracturé a moins d'un an, un bandage avec ou sans attelle peut convenir à certaines fractures peu déplacées, relativement stables et situées dans la partie basse d'un membre. Pour être efficace, l'immobilisation doit bloquer les articulations situées au-dessus et en dessous de la fracture : cela devient difficile, voire impossible, lorsqu'un os comme le fémur ou l'humérus est atteint. Il est également impératif de changer ce bandage tous les 7 à 10 jours.

Avec le bandage de soutien, de nouvelles complications peuvent apparaître : non-cicatrisation par manque de stabilité, lésions cutanées par nécrose et frottement, irritation ou infection liée à l'humidité, raideur articulaire et fonte musculaire en cas d'immobilisation prolongée. Le choix d'un traitement conservateur dépend donc avant tout de la stabilité de la fracture, et entraîne des contrôles chez le vétérinaire beaucoup plus fréquents.

Quand une chirurgie est-elle nécessaire ?

Bien que quelques exceptions existent, une stabilisation chirurgicale est très souvent nécessaire suite à une fracture. L'objectif est de restaurer la longueur et l'alignement du membre, puis de maintenir les fragments suffisamment stables pour permettre à l'os de consolider.

La chirurgie présente des avantages non négligeables : disparition de la douleur en quelques jours à quelques semaines, récupération plus rapide, moins de visites de contrôle et moins de complications qu'avec un bandage.

En quoi consiste l'ostéosynthèse ?

L'ostéosynthèse désigne la stabilisation chirurgicale d'une fracture à l'aide d'implants. Selon la configuration de la fracture, le vétérinaire peut utiliser une plaque fixée à l'os par des vis, des vis seules pour comprimer certains fragments, des broches placées dans le canal de l'os, des cerclages associés à d'autres implants, ou un fixateur externe relié à des broches traversant l'os. Le choix dépend de l'os concerné, de la direction du trait de fracture, du nombre de fragments, de la taille et de l'âge de l'animal, de l'état des tissus environnants et des contraintes qui s'exerceront sur le membre.

Radiographie de contrôle du radius et de l'ulna après ostéosynthèse par plaque vissée chez un chien
Fracture du radius/ulna stabilisée par une plaque vissée.
Radiographie de la patte après stabilisation par broches intramédullaires chez un chien
Fracture stabilisée par broches intramédullaires.

Dans certaines situations, il n'est pas souhaitable de replacer individuellement chaque petit fragment. La priorité est alors de restaurer la longueur et l'orientation de l'os tout en préservant au maximum les tissus et la vascularisation indispensables à la consolidation. Retrouvez le détail de notre prise en charge chirurgicale des fractures sur notre page chirurgie des fractures et luxations traumatiques.

Quel est le rôle de la fluoroscopie ?

La fluoroscopie permet d'obtenir des images radiographiques en temps réel pendant l'intervention. Elle aide à contrôler la position des fragments et des implants sans devoir exposer largement toute la fracture. Selon le type de lésion, cette technique permet de réaliser une stabilisation à travers des incisions plus limitées et de préserver davantage les tissus entourant l'os, limitant ainsi la douleur et le temps de cicatrisation.

Toutes les fractures ne peuvent cependant pas être opérées de cette manière. La technique utilisée est choisie individuellement après analyse des radiographies. Notre bloc chirurgical est équipé pour proposer cette approche lorsqu'elle est adaptée.

Comment se déroule la récupération ?

Après l'intervention, l'animal reçoit un traitement antidouleur adapté. Une surveillance de la plaie, de l'appui et de l'état général est nécessaire pendant les premiers jours. Même si le montage chirurgical stabilise la fracture, l'os n'est pas immédiatement guéri : une période de repos strict reste indispensable. Pendant cette phase :

  • les sorties du chien doivent être courtes et réalisées en laisse ;
  • les courses, les jeux et les sauts doivent être interdits ;
  • le chat doit rester à l'intérieur, dans un espace limité ;
  • la plaie doit être protégée du léchage ;
  • les médicaments doivent être administrés selon la prescription ;
  • toute augmentation de douleur ou de gonflement doit être signalée.

Certains animaux recommencent rapidement à poser la patte. Cette amélioration ne signifie pas que la fracture est consolidée : une activité excessive peut entraîner un déplacement des fragments, un desserrage des vis ou une rupture des implants. Cette phase de récupération dure en général de 6 à 8 semaines.

Les implants doivent-ils être retirés ?

Les plaques, vis ou broches ne doivent pas systématiquement être retirées une fois la fracture consolidée. Lorsque les implants sont bien tolérés, ils peuvent généralement rester en place. Leur retrait peut toutefois être recommandé s'ils provoquent une gêne, s'ils se déplacent, s'ils sont associés à une infection ou dans certaines situations particulières chez un animal en croissance. La décision est prise en fonction de l'examen clinique et des radiographies.

Quel pronostic peut-on espérer ?

De nombreuses fractures du chien et du chat évoluent favorablement lorsqu'elles sont correctement stabilisées et que les consignes de repos sont respectées. Le pronostic dépend néanmoins :

  • de la localisation et de la complexité de la fracture ;
  • de l'atteinte éventuelle d'une articulation ;
  • de l'état des muscles, des nerfs et des vaisseaux sanguins ;
  • du caractère ouvert ou fermé de la fracture ;
  • de l'âge et de l'état général de l'animal ;
  • du respect du repos et des contrôles postopératoires.

Une prise en charge précoce permet de limiter la douleur, d'éviter une consolidation dans une mauvaise position et d'augmenter les chances de retrouver une fonction satisfaisante du membre.

La prise en charge des fractures chez Colvet

Chez Colvet, la prise en charge commence par une évaluation complète de l'animal et du membre atteint. Des radiographies sont ensuite réalisées afin de comprendre précisément la fracture et de planifier le traitement.

Lorsque la chirurgie est indiquée, le montage est choisi individuellement en fonction de la fracture et de la morphologie de l'animal. Notre équipement de radiographie numérique, notre fluoroscope et nos différents systèmes d'ostéosynthèse nous permettent d'adapter la technique à chaque patient.

Après l'intervention, nous assurons le suivi de la plaie, de la récupération fonctionnelle et de la consolidation radiographique jusqu'à la reprise progressive de l'activité.

Article d'information générale. Il ne remplace pas une consultation : seul un examen vétérinaire permet d'établir un diagnostic et de proposer le traitement adapté à votre animal.

Une suppression d'appui ou une déformation du membre doit être examinée rapidement

En dehors des horaires d'ouverture, contactez le service d'urgence vétérinaire le plus proche.